Hmm si on arrive pas à capter la force de l'Art, le mieux c'est d'étudier un peu l'Histoire de l'Art. Je le fais depuis un certains temps, en partant des égyptiens/grecs/moyen-âge, en passant par la Renaissance et les Avants-Garde jusqu'à aujourd'hui. C'est intéressant de voir le rapport des artistes avec leur temps (genre au Moyen-âge ils peignaient que des saints qui flottaient dans un enrobage d'or).
Enfin, ce que je considère comme de l'art, c'est une oeuvre qui cherche à véhiculer quelque chose : du divertissement bien sûr, mais aussi de l'émotion, de la logique, une réflexion, une vision du monde, des valeurs, etc. bref une
âme, un investissement
humain, pas seulement motivé par un marché ni dirigé par un cahier des charges.
Une œuvre uniquement basée sur le divertissement et qui délaisse le reste est peu intéressante à mes yeux, à part si c'est très bien fait.
Dans le cas du jeu vidéo c'est flagrant : l'industrie et le commerce sont largement privilégiés par rapport à l'art, que ce soit les jeux "fast-food" (vite faits, vite consommés, vite remplacés) comme les jeux de sports ou les séries de fps (Call of Duty) qui ressortent tous les ans sans changement, ou encore la prometteuse série Assassin's Creed qui à force de faire des épisodes "version 1.2" commence à se vider de son âme, rare sont les jeux à prétention artistiques.
Des fois c'est voulu : chez Nintendo par exemple, sur la plupart des gros projets, Miyamoto dirige. Or lui sa philosophie c'est de se concentrer au maximum sur le gameplay, sur le "ludique" du jeu quoi, et le minimum sur la dramaturgie ou autre. C'est le cas dans Super Mario Galaxy ou Zelda Skyward Sword. Dans le premier cas, le jeu était censé avoir un scénario épique, mais il a été retiré à la demande de Miyamoto.
Certains jeux se distinguent par un contenu artistique évidemment, Metal Gear Solid, BioShock, BG&E etc. et ce sont loin d'être des jeux ennuyeux, juste des jeux avec une véritable philosophie. BioShock c'est une dystopie qui critique l'individualisme extrême érigé en règle de vie, et les tabous brisés d'une société : liberté totale des échanges (qui créera une classe de nantis et une classe de pauvres, qui conduira à une guerre civile), des expériences sur humains (qui créera des mutations horribles et rendra fous les habitants de Rapture), et qui propose un choix moral au joueur : tuer des fillettes pour récolter quelque chose qui donnera au joueur plus de chance de survie, ou bien les épargner et les sauver du Rapture en ruine ?
Bref c'est autrement plus profond et plus attrayant que la campagne solo d'un Call of Duty non ?
Et Kroki attention, œuvre compliquée ne veut pas dire œuvre profonde. Genre Death Note, c'est un très bon manga sur la manipulation, les stratégies psychologiques etc. mais c'est pas profond. Les personnages sont creux : Light est EVIL du début à la fin sans rien ressentir, Misa est conne du début à la fin, y'a pas vraiment de questionnement sur le bien et le mal, c'est surtout "lequel de ces beaux gosses est le plus intelligent et a fait le plus de coups d'avance ?".
Kingdom Hearts 2 aussi, malgré un scénario assez compliqué et incompréhensible, est assez bof à ce niveau (et se répand en fan-service, aussi).
Bref, je pense qu'Art et jeux vidéo sont pas incompatibles, loin de là. Les seules choses qui les séparent : appât du gain acharné, facilité, et manque reconnaissance artistique des artistes (les Michel Ancel, Hideo Kojima, Hideki Kamiya sont finalement peu connus du grand public).
Too bad, ça risque de durer longtemps si quant on parle de "jeux vidéo" on ne pense qu'à des scores, des gros flingues et des gros nibards. :/